Texte Libre

Samedi 13 septembre 2008 6 13 /09 /Sep /2008 03:30

Quoi de neuf de l'autre côté du monde ?
Encore une fois, je reviens de terrain et je viens de dire au revoir pour la dernière fois à mes enfants (oui maintenant, je dis mes enfants. Ils sont supers !) et au responsable (qui n'est pas mon enfant hahaha).
Je vous écris alors qu'il est 9h30 du matin. Je viens juste de rentrer. Je suis arrivée à 7 heures du matin, alors que j'avais pris mon bus à 3 h de l'aprés-midi. Cela fait donc 16 heures de bus. J'y comprends rien car à l'aller nous avons mis 12 heures, au retour 16h. J'ai pas eu l'impression qu'il y ait eu de problèmes quelconque. Enfin, c'est pas grave, je suis bien arrivée. Bien sur, je suis un peu fatiguée mais bon. Je suis toujours contente de rentrer sur Manille. Bien que, maintenant, en partant des programmes, ça fait vraiment bizarre quand on dit au revoir. On a envie de dire "See you" mais non, je me retiens, et je me dis : Mince alors, c'est fini. Je ne les reverrai plus. Donc quoi dire ? "good luck" est pas mal.... Je ne sais si c'est le mieux mais voilà !
Une fois arrivée sur le terrain, (là, je reviens en arrière....), j'ai pu rencontrer les enfants (of course !). J'ai parlé pendant 1h30 avec les dernières années de High School, en classe, pour leur avenir. Les pauvres, j'ai pas vu le temps passé. La cloche a sonné, je me suis pas aperçue que nous étions en heures de cours et qu'il fallait arrêter de parler. Du coup, j'ai continué. Ils sont sortis avec une demie-heure de retard. Pas uns a eu le courage de me dire qu'ils devaient partir manger. Le directeur est venu dans la classe, j'ai toujours pas tilté, et j'ai continué. Lui non plus n'a rien dit. C'est en sortant que je me suis dis 'Mais il est quelle heure ?" et j'ai vu tous les jeunes partir en courant chez eux pour manger....
Bon, je ne pense pas que je les ai ennuyés car en partant je leur dis que c'est le dernire jour où je les vois. Du coup, ni une ni deux, ils vont voir le directeur et lui demande si nous pouvons partir sur une île tous ensemble pour faire la fête. Le directeur accepte. Me voilà donc avec une 15e de jeunes (sans prof, ni directeur) à aller sur une île. Nous dormirons dans une maison d'une des élèves. Cela s'est organisé en 1h. Je suis étonnée et trés surprise de voir les parents nous accueillir à 15 dans leur maison sans qu'on les ai prévenus à l'avance. Si une heure avant ! Nous avions quand même amené du poisson pour tout le monde. Heureusement !
Du coup, soirée trés sympa. Je m'attendais à un style de boum car dés notre arrivée, ils mettent la musique à fond. Et qui dit musique ici, dit essentiellement des musiques du style Boys band ! Nous ne passons donc pas inaperçus dans le village. Mais de toute façon, il doit y avoir 40 maisons sur l'île. Et une blanche avec les jeunes du village ne passe pas inaperçue. Du coup, c'est la fête au village.
Avant de manger direction plage ! En chemin, d'autres jeunes nous rejoignent. Là, comme tout le monde, le jeu est de courrir plus vite que les vagues, sans se faire mouiller : tout le monde perd (mais c'est ça qui est rigolo !). La quasi totalité des enfants vivent sur l'île (ou sur une autre car la région est pleine de petites îles). Là, je lance un défi : "qui est cap' d'aller nager ?" et à ma grande surprise (mais pas trop car je le savais déjà) sur les 20 jeunes, seuls 3 savent nager ! Ce qui est étonnant c'est que la plupart des familles vivent de la pêche. Et la plupart des philippins ne savent pas nager, voire ont peur de l'eau ! Donc on oublie mon jeu stupide.... En plus, 10 minutes plus tard, il fait nuit.
Du coup, retour à la maison. Nous préparons la cuisine. Moi je suis interdite de cuisine (hé oui, qui dit invité dit pas le droit d'aider. Je desservirai la table malgré tout. ça les génera fortement et ils rigoleront beaucoup mais je crois plus par gêne que par vrais rires...).
La soirée continue non pas comme je pensais en boum mais autour d'un feu de bois ! Trés sympa. Là, c'est entre chants et questions sur la vie en France. Avec les questions types : t'es marié ? Non, ben pourquoi ? t'as quel âge ? Et toujours pas marié !!!! (ho mon dieu !) t'as un copain ? .... (les questions qu'on nous pose tout le temps dés la deuxième minute d'une rencontre. Ici l'important n'est pas ton travail mais ton statut matrimonial !). Jusque là, rien qui me surprenne vraiment. Mais un jeune me demande soudain : Es-tu déjà resté en tête à tête avec ton copain ? Là, je me marre. Comment vous dire .... (j'ai bien compris le sous-entendu, je suis pas conne non plus !). Il faut donc à nouvea expliquer les différences entre la culture française et philippine. Attention car à côté de moi, les parents écoutent ! Et puis, je sais pertinament que ce que je dis à une importance face aux jeunes. Donc comment expliquer les différences entre la vie des jeunes en France (hé oui, je me considére encore comme une jeune !) et la vie des jeunes ici ! Donc parlons peu, parlons bien : religion (c'est obligatoire ici. Avec les différences : hé oui, en France, nous n'écoutons pas le Pape. Sacrilège !), du coup, contraception.... et pas obligatoirement mariage. Là, le coup du "On écoute pas les conseils du pape" est invraisemblable pour eux. Mais pourquoi ? Bon alors, là, il faut remonter dans l'histoire de France : la Révolution, la séparation Eglise-Etat, la laïcité.... J'essaie de faire bref (trés dur d'être bref. Encore plus dur de le faire en anglais !). Bon je pense ne pas m'en être trop mal sortie, ne pas les avoir choqués et ne pas avoir dit que nous les "Blancs" (façon dont ils nous voient) nous sommes mieux qu'eux. Juste une culture différente.
Puis la discussion dévie sur la façon de vivre en France : comment trouver du travail, avec les quels diplomes ? le coût de la vie etc...? Il faut rappeller que la plupart ne sont jamais allés à Manille, ou si c'est le cas, c'était leur plus grand voyage ! Du coup, ils sont à la fois captivés par ce que je raconte, surpris.... Mais comme ils sont pas plus cons que les autres, ils comprennent et me posent donc encore plein d'autres questions.
Moi vers 10h, je vais me coucher. (la veille j'ai passé la nuit dans le bus !). Les jeunes (là, je me sens plus jeune pour le coup hahaha), continuent à faire la fête. Car bien que ce soit pour moi qu'ils sont là, ils en profitent aussi pour être tous ensemble, hors de l'école. Une vraie sortie scolaire mais sans les profs ! le top quoi !
Nous dormirons à 6 dans une piéce. Levé 5h30 .... aie aie aie. Je suis la dernière à me lever mais pas la dernière prête. Nous avions rendez-vous à 7 heures (heure du début des cours). Nous partons de l'île à.... 8 h ! Merci la ponctualité des philippins. Bon je pense surtout, bien qu'ils soient toujours en retard, que les jeunes profitent de ma présence pour prendre leur temps. Bon, ça fait partie du jeu, donc j'en rigole plus qu'autre chose.
De plus, à notre arrivée (2 heures de retard), nous allons directement voir le directeur de l'école. Celui-ci leur dit de rentrer chez eux et de revenir que pour la trosième heure de cours (alors qu'ils auraient pu commencer la seconde heure sans problème). Donc c'est pas vraiment la catastrophe ! Mais bon moi qui suis là, pour leur éducation.... je leur fais louper des cours ! Heureusement, ça n'arrive pas tous les jours.
J'étais déjà partie sur cette île avec les 4e année de High School. Mais étant donné que c'était en février, c'était pas les mêmes jeunes. Depuis nous avons changé d'année scolaire.
la journée ne fait que commencer, pour moi : compta avec le responsable, rencontre de familles, prise de nouvelles concernant pas mal de jeunes... Voilà la matinée. Mais c'est vraiment pas difficile. J'ai même le temps de me reposer une demie-heure avant de manger.
L'aprés-midi, le responsable et les prof me demandent de faire le même discours qu'avec les 4e année de High School, pour l'ensemble de l'école. L'objectif du discour leur donner espoir : "vous pouvez avoir un rêve, vous avez un avenir, vous devez travailler dur mais vous pouvez y arriver".... Car le pobléme ici, surtout pour les enfants des familles les plus pauvres, les jeunes ont du mal à avoir un rêve et penser qu'ils puissent arriver à quelque chose. Donc pas de vision d'avenir avec tout ce que cela implique ...  Je ne pense pas que mon discour change vraiment leur vision, il faut beaucoup plus mais c'est une petite goute à côté d'autres pouvant s'ajouter !
Du coup, "n'hésitez pas à avoir des rêves, à travailler dur... plus vous travaillerez  dur, plus vous aurez un choix d'avenir !". J'ai l'impression d'entendre mes profs quand j'étais petite. Bon, mais je veux quand même rester réaliste, leur vie n'a rien à voir avec la mienne. Et je ne leur cache pas, ils le savent bien aussi !
L'idée est aussi qu'ils prennent confiance en eux ! Bon, ça je ne le changerai pas en un discours. Mais dans cette école, les profs et le directeur sont à fond pour l'épanouissement des jeunes. Donc ils ne se contentent pas seulement de donner des cours classiques. ça fait plaisir à voir ! Il y a donc une continuitè entre les discours et la pratique. On peut d'ailleurs voir une grande différence entre les jeunes entrant dans l'école, en première année et les dernières années !
Bon aprés mon discours, me voilà également partie pour... chanter devant toute l'école ! merci à Jennalyn de sa demande. Bien sûr, j'ai demandé aux jeunes de poser des questions s'ils le voulaient ! Normal. Première question : "Tu veux bien chanter la chanson que tu as chanté hier devant le feu de bois ! ", alors elle, je la retiens. Du coup, revanche obligée : ok mais toi tu chanteras aprés moi. De toute façon, ça la gêne pas, ils chantent tous ici. J'ai donc chanté devant une église pleine. (ha oui, nous avons  fait notre petite réunion dans l'église de l'école ! Seul lieux pour accueillir tous les élèves en même temps.)
Donc le discours que je viens de faire aux jeunes s'applique aussi pour moi : Prendre confiance en soi ! Maintenant je fais des discours en anglais devant une église pleine, je parle devant une classe pendant plus d'une heure et demie (toujours en anglais) et je chante ! On aura tout vu. Attention, j'ai pas dis que j'avais chanté juste... Allez, le ridicule ne tue pas à ce qu'on dit !

Par Caroline GODART
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus